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Invocations de l’omra
L’omra est avant tout une conversation entre le pèlerin et son Seigneur. Les rites — ihram, Tawaf, Sa’i, Tahallul — sont le cadre. Les invocations (du’as) sont le cœur. Ce sont elles qui transforment un déplacement physique autour d’une construction en un voyage intérieur, un acte d’adoration, une rencontre avec Allah dans ce qu’elle peut avoir de plus intime et de plus vivant.
Ce guide rassemble l’ensemble des invocations recommandées pour chaque étape de l’omra — depuis la niyyah (intention) formulée au miqat jusqu’aux du’as du retour à Médine. Chaque invocation est présentée en translittération phonétique (pour ceux qui ne lisent pas l’arabe), en arabe pour ceux qui le souhaitent, et avec sa traduction en français. Vous pouvez noter celles qui vous touchent particulièrement dans un petit carnet à emporter avec vous à La Mecque.
« Et votre Seigneur a dit : Invoquez-Moi, Je vous répondrai. »
— Sourate Ghafir (40 : 60)
Avant de lister les invocations, il est utile de comprendre ce qu’est la du’a en islam et pourquoi elle occupe une place si centrale dans l’omra.
Le Prophète Muhammad ﷺ a dit : « La du’a est l’essence de l’adoration. » (rapporté par At-Tirmidhi). En formulant une du’a, le croyant reconnaît sa dépendance totale à Allah, Son omnipotence et Sa générosité sans limites. C’est un acte d’humilité absolue — se tourner vers son Créateur avec ses besoins, ses espoirs et ses peurs, en sachant qu’Il entend chaque parole, même chuchotée dans le cœur.
Dans les rites de l’omra, il existe deux catégories d’invocations :
Certains moments de l’omra sont considérés par les savants comme particulièrement propices à l’exaucement des du’as :
Le voyage vers La Mecque commence bien avant l’aéroport. Depuis le seuil de sa maison, le pèlerin entre dans un état d’intention et de confiance qui mérite d’être accompagné d’invocations.
Translittération : Bismillahi, tawakkaltu ‘alallahi, wa lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh.
Traduction : « Au nom d’Allah, je me confie à Allah, et il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah. »
Source : rapporté par Abu Dawud et At-Tirmidhi
Translittération : Subhâna l-ladhî sakhkhara lanâ hâdhâ wa mâ kunnâ lahû muqrinîna wa innâ ilâ rabbinâ la-munqalibûn.
Traduction : « Gloire à Celui qui nous a soumis cela alors que nous n’en aurions pas été capables, et c’est vers notre Seigneur que nous retournerons. »
Source : Sourate Az-Zukhruf (43 : 13-14), rapporté par Muslim
Le franchissement du miqat — le point géographique à partir duquel le pèlerin entre en état d’ihram — est le moment solennel où l’omra commence officiellement. Deux invocations fondamentales y sont prononcées.
La niyyah est une intention formulée dans le cœur, et optionnellement à voix basse. Elle peut être exprimée ainsi :
Translittération : Allâhumma labbayka ‘umratan.
Traduction : « Me voici, ô Allah, pour accomplir l’omra. »
Si le pèlerin craint de ne pas pouvoir accomplir l’omra en raison d’une maladie ou d’un empêchement, il peut ajouter :
Translittération : Fa-in habasanî hâbisun fa-mahillî haythu habastanî.
Traduction : « Si un empêchement me retient, alors mon lieu de sortie de l’ihram est là où Tu m’auras retenu. »
Source : rapporté par Al-Bukhari et Muslim, d’après Duba’a bint az-Zubayr ؓ
Immédiatement après la niyyah, le pèlerin entame la talbiya — l’invocation du pèlerin, récitée abondamment depuis le miqat jusqu’au début du Tawaf. Les hommes la récitent à voix haute, les femmes à voix basse.
Translittération :
Labbayk Allâhumma labbayk.
Labbayka lâ sharîka laka labbayk.
Inna l-hamda wa-n-ni’mata laka wa-l-mulk.
Lâ sharîka lak.Traduction :
« Me voici, ô Allah, me voici !
Me voici, Tu n’as pas d’associé, me voici.
Toute louange T’appartient, ainsi que la grâce et la souveraineté.
Tu n’as pas d’associé. »Source : rapporté par Al-Bukhari et Muslim, d’après Ibn Umar ؓ
La talbiya est récitée de façon répétée et continue — en marchant, dans les transports, en attendant, au réveil. Elle est le fil conducteur spirituel de l’état d’ihram.
L’entrée dans la Mosquée Al-Haram est un moment chargé — on entre avec le pied droit en récitant l’invocation d’entrée dans la mosquée.
Translittération : Bismillâhi wa-s-salâtu wa-s-salâmu ‘alâ rasûlillâh. Allâhummaftah lî abwâba rahmatik.
Traduction : « Au nom d’Allah, que la paix et le salut soient sur le Messager d’Allah. Ô Allah, ouvre-moi les portes de Ta miséricorde. »
Source : rapporté par Muslim, d’après Abu Hurayra ؓ
Le moment où la Kaaba apparaît pour la première fois dans le champ de vision est l’un des plus chargés émotionnellement de tout le voyage. C’est un moment de grande réceptivité spirituelle — les savants s’accordent à dire que la du’a formulée au premier regard sur la Kaaba a une chance particulière d’être exaucée.
Recommandation : Au premier regard sur la Kaaba, levez les mains, glorifiez Allah et demandez ce que votre cœur porte — en arabe, en français, dans votre langue. Ce moment d’invocation spontanée et sincère est souvent le plus précieux du voyage.
Voici la du’a transmise par la tradition au moment de la vision de la Kaaba :
Translittération : Allâhumma zid hâdha l-bayta tashrîfan wa ta’zhîman wa takriman wa mahabatan, wa zid man sharrafahu wa karramahu mimman hajjahu aw i’tamarahu tashrîfan wa takriman wa ta’zhîman wa birran.
Traduction : « Ô Allah, augmente la noblesse, la grandeur, l’honneur et l’amour de cette Maison, et augmente la noblesse, l’honneur, la grandeur et la bonté de celui qui l’honore et la respecte parmi ceux qui font le Hajj ou l’omra. »
Source : rapporté par Al-Azraqi dans Akhbar Makkah
Il n’existe pas d’invocations imposées tour par tour pour le Tawaf — la liberté est totale. Cependant, plusieurs du’as sont transmises par la tradition pour certains moments précis du Tawaf.
Translittération : Bismillâhi, wallâhu akbar.
Traduction : « Au nom d’Allah, et Allah est le Plus Grand. »
Source : rapporté par Ahmad et Al-Hakim
Ce passage — le dernier segment de chaque tour, entre l’angle sud-ouest et l’angle est de la Kaaba — est particulièrement recommandé pour cette invocation coranique :
Translittération : Rabbanâ âtinâ fi d-dunyâ hasanatan wa fi l-âkhirati hasanatan wa qinâ ‘adhâba n-nâr.
Traduction : « Seigneur, accorde-nous le bien en ce monde et le bien dans l’au-delà, et préserve-nous du châtiment du feu. »
Source : Sourate Al-Baqara (2 : 201) — rapporté par Ahmad et Abu Dawud
Entre ces moments précis, le pèlerin est libre d’invoquer Allah comme son cœur l’y invite. Parmi les dhikrs (invocations de glorification) les plus recommandés pendant le Tawaf :
Translittération : Subhânallâh, wa l-hamdu lillâh, wa lâ ilâha illallâh, wallâhu akbar, wa lâ hawla wa lâ quwwata illâ billâh.
Traduction : « Gloire à Allah, louange à Allah, point de dieu si ce n’est Allah, Allah est le Plus Grand, et il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah. »
Après les sept tours, le pèlerin accomplit deux rak’at au Maqam Ibrahim. Il est recommandé de réciter dans la première rak’at la sourate Al-Kâfirûn (109) et dans la deuxième la sourate Al-Ikhlâs (112). Ces deux sourates résument l’essence du monothéisme islamique — parfaitement appropriées pour ce moment accompli devant la Maison d’Allah.
Après la prière au Maqam Ibrahim et avant de se diriger vers Safa, le pèlerin boit de l’eau de Zamzam. Le Prophète ﷺ a dit : « L’eau de Zamzam est pour ce pour quoi on la boit. » (rapporté par Ibn Majah et Ahmad). En buvant, formulez votre du’a la plus sincère — c’est un moment d’exaucement potentiel exceptionnel.
Translittération : Allâhumma innî as’aluka ‘ilman nâfi’an wa rizqan wâsi’an wa shifâ’an min kulli dâ’.
Traduction : « Ô Allah, je Te demande une connaissance utile, une subsistance abondante et une guérison de toute maladie. »
Source : rapporté par Al-Azraqi et Ibn Abi Shayba
Pour en savoir plus sur la spiritualité de cette eau sacrée : les mérites de l’eau de Zamzam.
Le Sa’i commence par la montée à Safa. En approchant de la colline, le pèlerin récite le verset coranique :
Translittération : Inna s-Safâ wa l-Marwata min sha’â’iri l-lâh. Abda’u bimâ bada’a l-lâhu bih.
Traduction : « Safa et Marwa font partie des lieux sacrés d’Allah. Je commence par ce qu’Allah a commencé. »
Source : Sourate Al-Baqara (2 : 158) + rapporté par Muslim
Sur chacune des deux collines (aux débuts impairs : 1er, 3e, 5e, 7e passage sur Safa ; 2e, 4e, 6e passage sur Marwa), le pèlerin se tourne vers la Kaaba et récite trois fois cette glorification :
Translittération :
Allâhu akbar, Allâhu akbar, Allâhu akbar.
Lâ ilâha illallâhu wahdahu lâ sharîka lah.
Lahul-mulku wa lahul-hamdu wa huwa ‘alâ kulli shay’in qadîr.
Lâ ilâha illallâhu wahdah. Anjaza wa’dah wa nasara ‘abdah
wa hazama l-ahzâba wahdah.Traduction :
« Allah est le Plus Grand, Allah est le Plus Grand, Allah est le Plus Grand.
Il n’y a de dieu qu’Allah, seul, sans associé.
À Lui la souveraineté et à Lui la louange, et Il est Puissant sur toute chose.
Il n’y a de dieu qu’Allah, seul. Il a accompli Sa promesse, secouru Son serviteur
et défait les coalisés, seul. »Source : rapporté par Muslim, d’après Jabir ibn ‘Abdillah ؓ
Entre les trois répétitions de cette glorification, le pèlerin insère des du’as personnelles et libres.
Pendant les allers-retours, il n’y a pas d’invocation imposée — le pèlerin est libre d’invoquer Allah, de réciter le Coran, de faire du dhikr ou de prier dans sa propre langue. C’est souvent pendant ces passages que les du’as les plus intimes remontent — pour les proches malades, pour les enfants, pour les parents décédés, pour soi-même.
Au-delà des invocations spécifiques à chaque rite, certaines du’as et certains dhikrs sont recommandés de façon générale pendant toute la durée du séjour à La Mecque et à Médine.
Translittération : Astaghfirullâha l-‘adhîm alladhî lâ ilâha illâ huwa l-hayyu l-qayyûmu wa atûbu ilayh.
Traduction : « Je demande le pardon d’Allah le Très Grand, en dehors duquel il n’y a pas de divinité, le Vivant, l’Immuable, et je me repens à Lui. »
Source : rapporté par Abu Dawud et At-Tirmidhi
Translittération : Allâhumma salli ‘alâ Muhammad wa ‘alâ âli Muhammad kamâ sallayta ‘alâ Ibrâhîma wa ‘alâ âli Ibrâhîma, innaka hamîdun majîd.
Traduction : « Ô Allah, envoie Tes bénédictions sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, comme Tu as envoyé Tes bénédictions sur Ibrahim et sur la famille d’Ibrahim. Tu es certes Digne de louanges et Glorieux. »
Source : rapporté par Al-Bukhari et Muslim
Translittération : Allâhummaghfir li wa li wâlidayya wa li l-mu’minîna wa l-mu’minâti wa l-muslimîna wa l-muslimât, al-ahyâ’i minhum wa l-amwât.
Traduction : « Ô Allah, pardonne-moi, pardonne à mes parents, aux croyants et aux croyantes, aux musulmans et aux musulmanes, les vivants parmi eux et les morts. »
La visite de Médine est un prolongement naturel de l’omra pour la grande majorité des pèlerins. Les invocations qui l’accompagnent ont une douceur particulière — on est dans la ville du Prophète ﷺ, et chaque prière se teinte de l’amour qu’on lui porte.
Translittération : Allâhumma hâdhâ haram nabiyyika fa-j’alhu wiqâyatan lî mina n-nâri wa amânan mina l-‘adhâb wa sû’i l-hisâb.
Traduction : « Ô Allah, ceci est la ville sacrée de Ton Prophète — fais-en pour moi une protection contre le Feu, une sécurité contre le châtiment et le mauvais jugement. »
Translittération :
Assalâmu ‘alayka ayyuha n-nabiyyu wa rahmatu l-lâhi wa barakâtuh.
Assalâmu ‘alayka yâ rasûlallâh.
Assalâmu ‘alayka yâ habîballâh.
Assalâmu ‘alayka yâ khayra khalqillâh.Traduction :
« Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions.
Que la paix soit sur toi, ô Messager d’Allah.
Que la paix soit sur toi, ô bien-aimé d’Allah.
Que la paix soit sur toi, ô meilleure des créatures d’Allah. »
Dans la Rawda, toute du’a sincère est recommandée. C’est l’endroit de la prière prolongée — après les deux rak’at de salutation de la mosquée, restez aussi longtemps que vous le pouvez, en demandant à Allah tout ce que votre cœur porte. Pour approfondir : la Rawda, jardin du Paradis.
Lors du dernier Tawaf avant de quitter La Mecque, une du’a souvent récitée exprime l’espoir de revenir :
Translittération : Allâhumma lâ taj’al hâdhâ âkhira l-‘ahdi min baytika l-harâm, wa in ja’altahû fa-j’al lî fî dhâlika ‘awdatan marhmatan ilâ baytika l-‘azîm.
Traduction : « Ô Allah, ne fais pas de ceci la dernière visite à Ta Maison Sacrée, et si Tu en décides ainsi, fais que ce soit en Ta miséricorde vers Ta Maison Magnifique. »
Translittération : Âyibûna, tâ’ibûna, ‘âbidûna, li rabbinâ hâmidûn.
Traduction : « Nous revenons, nous nous repentons, nous adorons, et nous louons notre Seigneur. »
Source : rapporté par Al-Bukhari et Muslim
Pour approfondir le vécu du retour : que dire au retour de l’omra et que faire au retour de l’omra.
Oui, absolument. Il n’est pas nécessaire de parler arabe pour invoquer Allah. La du’a est une conversation intime avec son Créateur — Elle peut se tenir dans n’importe quelle langue. Allah comprend toutes les langues et répond aux invocations sincères quelle que soit leur forme linguistique. Les invocations en arabe transmises par la sunna ont une valeur particulière car elles reproduisent les paroles du Prophète ﷺ — mais les du’as personnelles en français sont tout aussi valides et tout aussi précieuses devant Allah.
La majorité des savants recommande de réciter la talbiya dans sa formulation arabe transmise par la sunna, car c’est la formule exacte utilisée par le Prophète ﷺ. La réciter en français ou dans une autre langue est permis selon certains savants pour ceux qui ne maîtrisent pas l’arabe, mais la mémorisation de la version arabe — même phonétiquement — est fortement recommandée et accessible à tous.
Les invocations contraires à la doctrine islamique (demander à des intermédiaires autres qu’Allah, invoquer des morts de façon inappropriée) sont à éviter. En dehors de cela, il n’existe pas d’invocations « interdites » au sens strict pendant l’omra — la liberté d’expression devant Allah est immense.
Commencez par les essentielles : la talbiya (indispensable), la du’a entre la Pierre Yéménite et la Pierre Noire, et l’invocation de Safa. Notez-les sur votre téléphone ou dans un petit carnet. Il existe des applications islamiques (Muslim Pro, Azkar, etc.) qui contiennent toutes les invocations du pèlerinage avec leur audio. Écouter la talbiya récitée par des imams reconnus avant le départ aide à en mémoriser la mélodie et le rythme naturel.