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Comment faire l’omra
L’omra est l’un des actes d’adoration les plus beaux et les plus accessibles de l’islam. Contrairement au Hajj qui ne peut être accompli qu’à une période précise de l’année, l’omra — le petit pèlerinage — est ouverte à tout moment, et ses rites, bien que chargés d’une profondeur spirituelle immense, peuvent être appris et maîtrisés par tout musulman sincère, quelle que soit son expérience religieuse.
Ce guide complet vous explique comment accomplir l’omra correctement, étape par étape, depuis la préparation spirituelle avant le départ jusqu’au retour en état de tahallul (sortie de l’ihram). Chaque rite est détaillé avec ses conditions de validité, ses invocations (du’a) et les conseils pratiques des guides religieux partenaires de NexSafar pour en vivre pleinement la dimension spirituelle.
« L’omra est une expiation pour les péchés commis entre elle et l’omra précédente, et le Hajj al-Mabrour n’a d’autre récompense que le Paradis. »
— Hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim
Le mot omra vient de la racine arabe ‘amara qui signifie « visiter un lieu peuplé » ou « se rendre dans un endroit prospère ». Dans le vocabulaire islamique, l’omra désigne la visite de la Maison Sacrée d’Allah — la Kaaba à La Mecque — accompagnée d’un ensemble de rites précis prescrits par le Prophète Muhammad ﷺ.
Selon la majorité des savants musulmans, l’omra est une Sunna Mou’akkada — une pratique prophétique vivement recommandée — mais non obligatoire, contrairement au Hajj qui constitue l’un des cinq piliers de l’islam. L’imam Ahmad ibn Hanbal et certains savants chaféites considèrent cependant l’omra comme obligatoire une fois dans la vie pour tout musulman qui en a les moyens. Dans tous les cas, sa récompense est immense et sa pratique régulière est encouragée. Pour approfondir ce point : l’omra est-elle obligatoire ?
L’omra peut être accomplie tout au long de l’année, à l’exception des cinq jours du Hajj (du 8 au 12 ou 13 Dhoul-Hijja) pendant lesquels les rites de l’omra sont suspendus pour les pèlerins en Hajj. La période la plus bénie est le Ramadan, pendant laquelle l’omra vaut selon le hadith une récompense similaire au Hajj. Pour savoir quand partir : quelle est la meilleure période pour l’omra.
L’omra est accessible à tout musulman majeur, sain d’esprit, en état de pureté rituelle (tahara) et disposant des moyens de se rendre à La Mecque. Les enfants peuvent l’accomplir avec leurs parents, leur omra étant valide selon la majorité des savants. Les femmes peuvent désormais partir sans mahram (tuteur masculin) en voyageant avec un groupe organisé via une agence agréée. Pour plus de détails : qui peut faire l’omra et à partir de quel âge peut-on faire l’omra.
Une omra bien vécue se prépare bien avant le départ. Cette préparation est à la fois spirituelle, pratique et physique. Les guides religieux partenaires de NexSafar insistent tous sur un point : c’est la qualité de la préparation intérieure qui détermine la profondeur de l’expérience à La Mecque.
La niyyah (l’intention) est le fondement de tout acte d’adoration en islam. Avant de partir, prenez le temps de clarifier votre intention : pourquoi faites-vous cette omra ? Pour le pardon de vos péchés, la proximité avec Allah, la gratitude pour ses bienfaits, la guérison d’un être cher, ou simplement pour répondre à l’appel du Seigneur ? Une intention sincère et purifiée de tout désir d’ostentation (riyaa) est la condition première d’une omra acceptée.
Avant votre départ, il est également recommandé de :
L’omra se compose de quatre rites principaux : l’ihram, le Tawaf, le Sa’i et le Tahallul. Il est essentiel de les maîtriser avant d’arriver à La Mecque pour ne pas être dépassé par l’émotion et l’affluence. Apprenez les invocations propres à chaque rite — notre guide que dire lors de l’omra recense toutes les du’as recommandées. N’hésitez pas à les noter sur un carnet ou à les enregistrer sur votre téléphone pour vous y référer sur place.
L’état de pureté rituelle (tahara) est une condition indispensable à la validité de l’omra. Cela implique d’être en état d’ablutions mineures (wudu) et majeures (ghusl — bain rituel complet). La plupart des pèlerins effectuent le ghusl de l’ihram juste avant d’entrer en état de sacralisation, que ce soit à l’hôtel ou dans les salles prévues à cet effet dans les aéroports et aux points de miqat. Ce ghusl est un sunnah (acte recommandé) — il symbolise la purification intérieure et extérieure avec laquelle on se présente devant la Maison d’Allah. Pour approfondir : les ablutions pendant l’omra.
L’ihram est la première étape de l’omra et l’une des plus symboliquement riches. Le mot ihram vient de la racine h-r-m qui signifie « sacré » ou « interdit » — entrer en ihram, c’est entrer dans un espace sacré où certains actes du quotidien deviennent temporairement interdits, et où le pèlerin se consacre entièrement à son Seigneur.
Pour les hommes, l’ihram est composé de deux pièces de tissu blanc non cousu et non parfumé : l’izar (le bas, noué autour de la taille) et le rida (le haut, drapé sur les épaules). Les chaussures doivent laisser les chevilles apparentes — les sandales ouvertes sont recommandées. La tête doit rester découverte. Ce vêtement blanc et simple, identique pour tous les hommes quelle que soit leur origine ou leur condition sociale, est le symbole le plus fort de l’égalité des hommes devant Allah. Le roi et le mendiant, le riche et le pauvre, portent le même tissu blanc.
Pour les femmes, il n’existe pas de tenue d’ihram spécifique à revêtir. La femme entre en ihram dans n’importe quelle tenue modeste couvrant l’ensemble du corps, à l’exception du visage et des mains qui doivent rester découverts. Certains savants autorisent le port du voile intégral (niqab) pendant l’ihram — la question fait l’objet de divergences d’opinion entre les écoles juridiques.
Le miqat est la frontière géographique au-delà de laquelle nul pèlerin ne peut entrer à La Mecque sans être en état d’ihram. Pour les pèlerins venant de France par avion, le miqat est généralement franchi en vol — le guide ou le commandant de bord annonce l’approche du miqat de Yalamlam (pour les vols passant au sud) ou de Qarn al-Manazil (pour les vols passant à l’est). C’est à ce moment que les hommes revêtent leurs vêtements d’ihram et que tous les pèlerins prononcent la niyyah (intention) et la talbiya.
La niyyah est l’intention formulée dans le cœur — et éventuellement à voix basse — d’accomplir l’omra pour Allah seul. Elle peut être formulée ainsi :
« Allahumma labbayk ‘umratan »
Traduction : « Me voici, ô Allah, pour l’omra. »
Immédiatement après la niyyah, le pèlerin entame la talbiya :
« Labbayk Allahumma labbayk, labbayka lâ sharîka laka labbayk. Inna l-hamda wa-n-ni’mata laka wa-l-mulk, lâ sharîka lak. »
Traduction : « Me voici, ô Allah, me voici ! Me voici, Tu n’as pas d’associé, me voici. Toute louange T’appartient, ainsi que la grâce et la souveraineté. Tu n’as pas d’associé. »
La talbiya est récitée abondamment depuis l’entrée en ihram jusqu’au début du Tawaf.
En état d’ihram, plusieurs actes sont interdits au pèlerin jusqu’à la Tahallul (sortie de l’ihram) :
Pour une analyse complète des règles de l’ihram : l’ihram au Hajj et à l’omra.
Le Tawaf est l’acte central et le plus iconique de l’omra. Voir pour la première fois la Kaaba — cette construction cubique recouverte de la Kiswa (étoffe noire brodée d’or) — au centre de la Mosquée Al-Haram est une expérience que presque tous les pèlerins décrivent comme le moment le plus bouleversant de leur vie. Des larmes coulent spontanément, les genoux fléchissent, les mots manquent.
La Kaaba est la Maison d’Allah sur terre — le symbole de l’unicité divine vers lequel tous les musulmans du monde orientent leur prière cinq fois par jour. Elle a été construite par le Prophète Ibrahim (Abraham) ﷺ et son fils Ismaïl ﷺ sur ordre d’Allah, puis restaurée plusieurs fois au fil des siècles. La Pierre Noire (Al-Hajar Al-Aswad), enchâssée dans l’angle oriental de la Kaaba, est un fragment de pierre venue du Paradis — la toucher ou la pointer de la main droite en début de chaque tour du Tawaf est un acte de sunna chargé de symbolisme. Pour l’histoire complète : l’histoire de la Kaaba.
Le Tawaf consiste à effectuer sept tours complets autour de la Kaaba dans le sens antihoraire, en gardant la Kaaba à sa gauche. Voici les étapes précises :
Guide détaillé : le Tawaf étape par étape.
Après la prière de deux rak’at au Maqam Ibrahim, il est fortement recommandé de boire de l’eau de Zamzam — cette eau sacrée qui jaillit depuis des millénaires du puits creusé miraculeusement par Allah pour Hajar et le jeune Ismaïl. Le Prophète ﷺ a dit : « L’eau de Zamzam est pour ce pour quoi on la boit. » Buvez en formulant votre du’a — c’est l’un des moments où les invocations sont les plus susceptibles d’être exaucées. Découvrez : les mérites de l’eau de Zamzam.
Le Sa’i est le deuxième rite majeur de l’omra. Il commémore l’un des actes de foi les plus touchants de l’histoire islamique : la course d’Hajar, épouse du Prophète Ibrahim ﷺ, entre les deux collines de Safa et Marwa à la recherche d’eau pour son fils Ismaïl ﷺ, alors que tous deux se trouvaient seuls dans le désert d’Arabie par ordre d’Allah.
Hajar courut sept fois entre Safa et Marwa, regardant à l’horizon, espérant apercevoir une caravane ou trouver une source d’eau, tandis que son petit enfant pleurait de soif. C’est alors qu’Allah fit jaillir l’eau de Zamzam sous les pieds du jeune Ismaïl. En accomplissant le Sa’i, le pèlerin commémore cet acte de tawakkul (confiance totale en Allah) et rappelle à son âme que la persévérance dans la foi, même dans les moments de détresse absolue, est toujours récompensée par la miséricorde d’Allah. Allah a immortalisé ce geste en en faisant un rite obligatoire du pèlerinage pour tous les musulmans jusqu’à la fin des temps.
Le Sa’i se déroule dans le Mas’a, une galerie couverte et climatisée qui relie les collines de Safa et Marwa à l’intérieur de la Mosquée Al-Haram. Il peut s’effectuer à pied (au rez-de-chaussée ou aux étages supérieurs) ou en fauteuil roulant pour les personnes à mobilité réduite.
« Inna s-Safâ wa-l-Marwata min sha’â’iri l-Lâh. »
Traduction : « Safa et Marwa font partie des lieux sacrés d’Allah. » (Sourate Al-Baqara, 2:158)
Le Tahallul marque la conclusion de l’omra et la sortie de l’état d’ihram. C’est un moment à la fois humble et joyeux — humble par le geste qui le symbolise (couper ses cheveux), joyeux par la libération des restrictions de l’ihram et la certitude d’avoir accompli un acte d’adoration complet.
Les hommes ont le choix entre deux options :
Les femmes accomplissent uniquement le Taqsir : couper une mèche de cheveux d’environ un centimètre (la longueur d’une phalange). Il n’est pas nécessaire de couper les cheveux devant les autres — ce geste discret peut s’effectuer en privé. Le rasage de la tête est interdit pour les femmes dans le cadre du pèlerinage.
Une fois le Tahallul effectué, l’omra est terminée et l’état d’ihram levé. Toutes les restrictions qui s’appliquaient pendant l’ihram prennent fin. Le pèlerin peut revêtir ses vêtements habituels, utiliser du parfum et reprendre ses activités normales. C’est un moment de légèreté et de gratitude — la conscience d’avoir accompli un acte d’adoration majeur, de s’être présenté devant la Maison d’Allah et d’en être reparti, par Sa miséricorde, purifié de ses péchés.
La quasi-totalité des formules omra incluent un séjour à Médine — la ville du Prophète Muhammad ﷺ — pour la Ziara (visite). Bien que ce séjour ne fasse pas partie des rites obligatoires de l’omra, il est unanimement recommandé et constitue pour la plupart des pèlerins l’un des moments les plus émouvants de tout le voyage.
Prier dans la Mosquée du Prophète vaut mille prières dans n’importe quelle autre mosquée (hors la Mosquée Al-Haram de La Mecque). Se trouver dans cet espace sacré, à quelques mètres de la tombe bénie du Prophète ﷺ, est une expérience qui dépasse les mots. Pour en savoir plus : l’histoire de Médine et ses mérites.
La visite de la tombe du Prophète ﷺ se fait dans un profond respect et un recueillement total. En passant devant la chambre bénie, le pèlerin adresse le salam au Prophète ﷺ :
« Assalamu ‘alayka ayyuha n-nabiyyu wa rahmatu l-Lâhi wa barakâtuh. »
Traduction : « Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. »
Entre la tombe du Prophète ﷺ et son minbar (chaire) se trouve la Rawda — désignée par le Prophète ﷺ lui-même comme « un des jardins du Paradis ». Accomplir deux rak’at de prière dans la Rawda est une grâce que les pèlerins cherchent ardemment, même si l’affluence oblige parfois à patienter longuement. Pour en savoir plus : la Rawda, jardin du Paradis.
Au-delà des rites eux-mêmes, les guides religieux partenaires de NexSafar partagent systématiquement avec leurs groupes un ensemble de conseils pratiques qui font toute la différence entre une omra subie et une omra pleinement vécue.
Lisez et relisez le déroulement des rites avant le départ jusqu’à les connaître par cœur. À La Mecque, l’émotion est souvent si intense que les repères intellectuels s’effacent — c’est le cœur qui prend le dessus. Plus votre préparation sera solide, plus vous serez libre de vivre l’expérience pleinement sans vous préoccuper des aspects logistiques.
La Mosquée Al-Haram ne ferme jamais. Les heures les moins fréquentées pour accomplir le Tawaf sont généralement le matin tôt après la prière du Fajr (l’aube) et en milieu de nuit après la prière du Icha. Évitez les heures qui suivent les prières de Dhuhr et d’Asr en milieu de journée — l’affluence y est maximale. Votre guide vous orientera vers les meilleurs créneaux en fonction du moment de l’année et de l’affluence lors de votre séjour.
L’ihram est un état de sacralisation qui invite à éviter les querelles, les conversations futiles, les regards déplacés et tout ce qui éloigne d’Allah. Le Coran l’exprime clairement : « Le Hajj se fait pendant des mois connus. Celui qui s’engage dans le Hajj pendant ces mois s’abstiendra de rapports sexuels, de dépravation et de disputes. » (Sourate Al-Baqara, 2:197). Les mêmes principes s’appliquent pendant l’omra.
La Mosquée Al-Haram est climatisée, mais les déplacements extérieurs peuvent être éprouvants selon la saison. Portez toujours une petite bouteille d’eau sur vous, profitez des fontaines d’eau de Zamzam présentes partout dans la Mosquée, et reposez-vous suffisamment entre les rites pour arriver en pleine forme à chaque étape. Un corps fatigué réduit la capacité à être présent spirituellement.
Certains pèlerins tiennent un journal de leur omra — notant leurs émotions, leurs du’as, leurs prises de conscience et les moments de grâce vécus à La Mecque et à Médine. Ce journal devient un trésor personnel et une source de renouveau spirituel pour les années qui suivent. Les guide partenaires NexSafar encouragent cette pratique auprès des primo-pèlerins notamment.
Techniquement, oui. Les rites de l’omra peuvent être accomplis de façon autonome si vous les maîtrisez parfaitement. En pratique, un guide religieux francophone est une aide précieuse, surtout pour un primo-pèlerin : il vous indique les bons moments pour effectuer les rites, corrige les erreurs éventuelles avant qu’elles n’invalident un rite, et vous transmet les invocations et la dimension spirituelle de chaque étape. Pour les personnes très expérimentées et maîtrisant l’arabe, une omra sans guide est tout à fait envisageable, notamment via le portail Nusuk. Lisez notre article faire l’omra sans agence pour peser le pour et le contre.
Les rites de l’omra en eux-mêmes — ihram, Tawaf, Sa’i et Tahallul — peuvent être accomplis en 3 à 5 heures dans des conditions normales. Pendant le Ramadan ou lors des grandes périodes d’affluence, le Tawaf seul peut prendre 2 à 3 heures en raison de la densité des pèlerins. Le séjour total à La Mecque et à Médine s’étale généralement sur 7 à 14 jours selon la formule choisie. Détails : combien de temps dure l’omra.
Oui, il est possible d’accomplir plusieurs omra lors d’un même séjour, en reprenant l’ihram depuis le miqat le plus proche de La Mecque, généralement Tan’im (aussi appelé Masjid ‘Aisha). La licéité de cette pratique est acceptée par la majorité des savants, qui recommandent cependant de ne pas la multiplier excessivement au détriment du temps consacré à la prière et au recueillement à La Mecque. Pour en savoir plus : peut-on faire l’omra deux fois de suite.
La veille du départ, accomplissez deux rak’at de prière en invoquant Allah pour un voyage béni. Lisez la du’a du voyageur. Informez vos proches de votre départ et demandez-leur de prier pour vous. Passez la soirée dans le dhikr (invocation) et la lecture du Coran. Dormez tôt pour être en forme le lendemain. C’est également le bon moment pour relire une dernière fois les étapes des rites et vérifier votre valise.
Au retour, il est recommandé de remercier Allah pour avoir permis l’accomplissement de ce pèlerinage et d’intensifier ses actes d’adoration pour maintenir l’élan spirituel acquis à La Mecque. Les proches qui accueillent le pèlerin disent « Hajjan mabroura wa sa’yan maqboulan wa tawbatan maqboulan » (Un pèlerinage béni, un sa’i accepté et un repentir accepté). Pour aller plus loin : que faire au retour de l’omra et que dire au retour de l’omra.